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PROJET EPR

jeudi 25 novembre 2004.
 

Les coûts

Le programme EPR nécessite de lourds investissements : 3 milliards d’euros pour le seul prototype.
Des milliards, de la matière grise, de l’énergie humaine, avec pour conséquence une paralysie totale de tout développement d’un programme ambitieux d’énergies renouvelables et d’économies d’énergie.

Un coût de lancement auquel il faut rajouter les 1 800 milliards de francs déjà engloutis depuis 1974 dans la recherche et l’investissement nucléaire (2) .

Une loi qui ne budgète pas le coût du démantèlement des centrales existantes. Les prévisions sont de 18 milliards pour Superphénix et de 40 milliards pour Marcoule (3) : Un beau cadeau pour les générations futures !

Et les risques de malformations que les populations risquent de subir, quel est leur coût ?

L’inacceptable :

des déchets que l’on glisse sous le tapis comme de la poussière.
Les déchets nucléaires, c’est l’équivalent en France d’un dé par habitant par an. L’équivalent d’un terrain de football annuel est nécessaire pour stocker les fûts radioactifs et déchets produits en France. Nos déchets et ceux provenant d’autres pays, on les transporte allègrement sur les routes, les rails, la mer, direction la Hague !
L’extraction de l’uranium génère elle-même 100 000 tonnes de déchets pour le combustible nécessaire au fonctionnement d’une centrale pendant un an (4).

Les déchets sont ensuite “ retraités ” mais ça ne les empêche pas d’être toujours radioactifs ! Et pour finir dans quel lieu ? On ne le sait toujours pas vraiment, même s’il est dit que chaque pays reprend ses déchets après “ traitement ”..

Il y a 50 ans, on pariait sur la science pour trouver une solution à ces déchets. On attend toujours. Les lois de la physique sont claires : il est impossible de faire disparaître la radioactivité d’un élément, sinon avec le temps. Il ne reste plus qu’à attendre ?
Oserions - nous léguer un tel héritage ?

Recyclage ? Plutôt l’impasse ...


On parle de recyclage. Un cycle c’est “ on reprend tout ou presque et on recommence ”.. Avec le nucléaire, on ne peut “ reprendre ” la radioactivité contenue dans les déchets : cela veut dire que l’on ne peut pas recommencer ! Ca ressemble plutôt à une impasse, non ?
Espère t-on secrètement que nos enfants et leurs enfants sauront trouver une solution ?
Où trouveront-ils l’argent pour appliquer les solutions d’enfouissement que nous-mêmes nous n’osons mettre en œuvre du fait de leur dangerosité et de leur coût.

Des risques inacceptables

car irréversibles !
L’EPR serait 10 fois moins dangereux que les réacteurs actuels nous dit-on. Qu’est ce que l’on attend pour fermer ceux qui fonctionnent ?
Pour ce qui est de la chute d’un avion civil sur une centrale ou un accident de camion de transport de déchets ou le déraillement d’un train, rien n’est prévu. On essaie de ne pas trop y penser.
Ne vaut-il pas mieux envisager un avenir non-ionisant bercé par l’énergie du vent et la chaleur maîtrisée du soleil ?

Un petit rappel des faits ?

Tchernobyl : parmi les nettoyeurs d’urgence, 15 000 sont déjà morts, 50 000 sont handicapés, 3 millions d’ukrainiens (1/3 d’enfants) souffrent de maladies(5) , 800 000 à 1 million de “ décontamineurs ” sont condamnés à la maladie ou à la mort lente (plutôt le stress, selon les autorités ukrainiennes)(6) , des terres contaminées et sinistrées pour des milliers d’habitants dans une région aussi grande que le 1/6 de la France, des enfants qui souffrent de maladies de vieillards, fausses couches, malformations génitales, et un coût pour l’instant de 1000 milliards de francs.
“ L’économie de l’Union soviétique était en état de délabrement, la France quant à elle a les moyens d’assurer une maintenance rigoureuse ” nous dit-on ?
Quelle garantie de sécurité avons-nous face aux projets de libéralisation des marchés de l’énergie ?

Citons quelques exemples :

-  Japon, pays de la haute technologie par excellence, accident de Tokaï Mura en 1999 : 2 morts et 439 personnes irradiés à 120 km de Tokyo(7).

-  En France : 27 décembre 1999 : on a frôlé la catastrophe le long de la Gironde ... avec les risques d’inondation d’un réacteur de la centrale de Blayais(8.
Eté 2003 : grosses frayeurs en maints endroits lors de la canicule : il a fallu arroser copieusement certaines centrales.
Fessenheim des : employés irradiés en 2004. 74 % des incidents sont imputables aux erreurs dites d’exploitation, c’est-à-dire humaines(9).

On a envie de dire, jusqu’ici tout va bien, mais un jour ?

(2) Nord Nature, n°109, 4ème trimestre 2002
(3) Sortir du nucléaire, 2001, Par ici la sortie ... du nucléaire,
(4) Bertillat L et Retallack S, 2003, STOP, Seuil.
(5) Bertillat L et Retallack S, 2003, STOP, Seuil
(6)Libération, 8-9 mai 2004
(7) Réseau Sortir du nucléaire, 2001, L’aberration nucléaire,.
(8)Sud-Ouest, 5 janvier 2000
(9) Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires (DSN) dans Réseau Sortir du Nucléaire, Par ici la sortie ...



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