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La France, isolée en Europe
« Sortir du nucléaire préfigurerait le retour à l’âge de pierre ou plutôt celui de la bougie ou du poêle à charbon ! » nous dit-on.
La France, seule visionnaire avec la Finlande, ou seules entêtées dans l’impasse nucléaire ? Tous les pays européens accepteraient donc un bond en arrière de près de 10 000 ans ? Royaume-Uni, Belgique, Pays-bas, Espagne, Allemagne, Italie, Portugal ...
Tous peureux ou tous lucides ?
C’est oublier que nos voisins européens font le choix d’investir fortement et lourdement dans les énergies renouvelables, les économies d’énergie et l’efficacité énergétique. En optant aussi pour une transition thermique (gaz, pétrole, charbon) certes polluante mais performante et surtout moins dangereuse ...
La France parie sur une énergie mortifère. Les autres construisent des éoliennes, posent des panneaux solaires, conçoivent et construisent des bâtiments de bon sens peu énergétivores, développent une politique de déplacement intelligente.
La France persistera-t-elle dans sa position isolée ? Elle vient d’être rappelée à l’ordre par l’Europe qui lui demande de respecter à brève échéance les quotas européens en matière de promotion d’énergies renouvelables (12) ... un comble lorsque l’on possède d’aussi vastes côtes ventées et un climat somme toute bien ensoleillé !
Le nucléaire : 15 à 20 % de la consommation finale d’énergie française
« Le nucléaire, c’est l’indépendance énergétique de la France » nous dit-on encore.
De nos manuels scolaires d’histoire-géographie, c’est bien la leçon dont tout le monde se souvient ! La date de la bataille de Poitiers, c’est oublié, mais les 75% de production électrique d’origine nucléaire, c’est ancré dans notre cerveau ! 75% de production électrique oui, mais seulement 15 à 20 % de la consommation finale d’énergie française. Par ailleurs, l’énergie nucléaire ne fournit que 2,5 % de la demande d’énergie finale mondiale (13).
Avec des réserves d’uranium aujourd’hui prouvées de 40 ans, avec une importation à 95% (14) d’un combustible qui coûtera de plus en plus cher du fait de sa rareté, où est cette fameuse indépendance ? Sûrement pas pour les générations futures !
Le chauffage électrique est interdit au Danemark. Intéressant non ? Les danois privilégient la maîtrise de l’énergie et combattent les aberrations énergétiques et écologiques ? À quand notre tour ?
Les autres pays importent de l’électricité produite par les réacteurs français ?
Argument strictement économique de court terme qui n’inclut pas les frais de maintenance de recherche et surtout de démantèlement à venir ;
L’Espagne n’importe que l’équivalent d’un réacteur nucléaire, cela vaut-il la peine de prendre tant de risques ?
Le bon choix pour l’emploi ?
« Le nucléaire, c’est créateur d’emploi ! » entend-on.
Espagne, 30 000 emplois créés dans les énergies renouvelables en 5 ans.
Allemagne : plus de 130 000 emplois créés avec les énergies renouvelables, 250 000 supplémentaires prévus d’ici 2010 (15) .
Couvreurs - installateurs de panneaux solaires, électriciens, exploitants d’éoliennes, fabricants de rotors, réparateurs d’éoliennes, installateurs de chaudières à bois, sylviculteurs, bûcherons, chercheurs en énergies vertes, en efficacité énergétique, économies d’énergies, architectes bioclimatiques, producteurs de chanvre, installateurs de géothermie ... ce sont eux les métiers d’avenir ! Ce sont eux les futurs métiers d’EDF !
Autre argument réfutable : « l’énergie verte, pas si verte que çà ! »
On veut un monde où les erreurs soient réparables. Du nucléaire aux effets irréversibles ou des renouvelables aux infrastructures moins dangereuses ?
Panneaux solaires en silicium, champs d’éoliennes, routes pour y accéder ... tout développement conduit il est vrai à des formes de pollution. Mais de quelle pollution parlons-nous ? D’une aux effets irréversibles condamnant des régions entières pour des dizaines de milliers d’années ou d’une pollution certes réelle mais moins dangereuse qui peut se voir réduite par une consommation responsable d’énergie et une politique volontariste de réduction de la consommation énergétique ?

L’énergie la moins polluante ... sera toujours celle qui n’est pas consommée !
Vive les NEGAWATTS !
Lumières dans des ascenseurs vides, autoroutes désertes éclairées, séries de néons allumés dans des parkings souterrains pour éclairer des voitures immobiles, lumières dans bâtiments en plein jour, écrans d’ordinateurs allumés devant une chaise désespérément vide, pièces chauffées à plus de 19°c l’hiver, climatisation l’été en France, pays pourtant tempéré, eau chaude pour les laves main dans les toilettes, veilles sur les micro ondes, les télés, les radios ... les aberrations sont pléthores, les économies et les négawatts à réaliser sont immenses !
Sortir du nucléaire, c’est aussi opter pour la transition thermique efficiente...
Centrales à gaz et à charbon performantes, techniques de lit fluidisé (maintenir la centrale de Gardanne en marche !), centrales à cycle combiné gaz (elles peuvent être construites en deux ans), rénovation des fours industriels, mise en place de chaudières à cogénération ... voilà les solutions pour commencer la sortie du nucléaire.
... et surtout les énergies aimables pour l’environnement
Mais aussi à prévoir l’indispensable montée en puissance des énergies alternatives (éolien, solaire, biomasse, bois ...).
Oui, mais les gaz à effet de serre ?
Cette transition entraînerait une émission de 1% en plus au niveau mondial (16). Ce pourcentage pouvant être absorbé rapidement par une politique de réduction des besoins énergétiques dans les transports, les bâtiments, l’agriculture et l’industrie.
Nucléaire et rejets dans l’atmosphère ?
Exploitation de l’uranium, transport du combustible, des déchets, fabrication et entretien des centrales. Le nucléaire est aussi émetteur de gaz à effet de serre. Ce ne sont pas les seuls écologistes qui le disent : l’accord international sur l’effet de serre signé à Bonn en juillet 2001(17) le mentionne clairement.
Sortir du nucléaire, c’est aussi opter pour l’efficience énergétique. Plus simplement “ faire plus avec moins d’énergie ”.
Moins d’énergie à confort égal ! Lampes basses consommation, appareils moins énergétivores (la machine à laver de type A par exemple), marchés publics construits sur des besoins réels et non des offres de service : les solutions existent.
Particuliers, entreprises, collectivités, les économies d’énergie concernent tout le monde.
Un exemple : bâtiments communaux de Montpellier de 1985 à 1999 : diminution de 53,5% de consommation d’énergie, économie de 14,3 millions de francs par an !(18)
Autre nécessité : arrêter les 10 à 14 réacteurs qui exportent l’électricité mais pas leurs déchets ni leurs risques.
70 % du parc électro nucléaire français pourrait être ainsi arrêté dans les plus brefs délais.
(12) Le Figaro, 9 juin 2004 (13)Réseau Sortir du nucléaire, 2001,L’aberration nucléaire, (14)Réseau Sortir du nucléaire, 2001, Par ici la sortie ... du nucléaire.(15) Etude de l’Institut allemand pour la recherche économique (DIW), citée dans le Rapport environnemental allemand 2002, source : Réseau Sortir du nucléaire(16)Le nucléaire, par ici la sortie, 2001(17)Libération, 24 juin 2001(18)Réseau Sortir du nucléaire, Le nucléaire, par ici la sortie !, 2001